Campagne de vaccination contre la rougeole à El Geneina : la première depuis 2021
La rougeole est l’un des virus les plus contagieux qui touchent l’être humain. La maladie peut entraîner des hospitalisations et des décès en raison de complications graves telles que la pneumonie, l’encéphalite (inflammation du cerveau), la diarrhée et la déshydratation. Elle peut également provoquer des problèmes de santé durables et invalidants, notamment la cécité.
Ce qui est moins connu, c’est que le virus affaiblit aussi le système immunitaire. La rougeole peut en quelque sorte « effacer » la mémoire immunitaire, rendant les personnes qui survivent à la maladie plus vulnérables à d’autres infections.
La vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre le virus. Pourtant, la rougeole reste une menace grave à l’échelle mondiale.
En 2024, 359 521 cas de rougeole ont été signalés dans le monde. Le virus se propage régulièrement au-delà des frontières nationales et continentales. Des flambées surviennent là où le virus trouve des groupes de personnes non vaccinées ou insuffisamment vaccinées — en particulier des enfants.
Malgré la disponibilité d’un vaccin sûr et rentable, on estime qu’en 2024 95 000 personnes sont décédées de la rougeole, principalement des enfants de moins de cinq ans.
La situation se détériore rapidement. En 2024, 59 pays ont connu des flambées de rougeole importantes ou perturbatrices — près de trois fois plus qu’en 2021. Fait marquant, un quart de ces pays avaient auparavant éliminé la rougeole.
Médecins Sans Frontières (MSF) a répondu à cette urgence en 2024 en vaccinant 1 318 100 personnes contre la rougeole. Le coût pour vacciner un enfant s’élève en moyenne à moins de 1,30 euro — un investissement minime qui permet de sauver des vies.
La hausse persistante des flambées de rougeole montre à quel point il est urgent de renforcer les programmes de vaccination et de mieux protéger les populations vulnérables. Sans action rapide et ciblée, les jeunes enfants continueront à courir un risque inutile face à une maladie évitable mais potentiellement mortelle.
Les personnes les plus exposées à la rougeole sont celles qui ne sont pas vaccinées ou insuffisamment vaccinées, en particulier les enfants de moins de cinq ans. Les épidémies surviennent fréquemment dans les zones de conflit et dans des environnements à forte densité de population, comme les camps de réfugiés, où les taux de vaccination sont faibles et les systèmes de santé locaux fragiles.
Des pays comme la République démocratique du Congo et la République centrafricaine sont régulièrement touchés par des flambées, car les autorités sanitaires locales manquent souvent de ressources pour mettre en œuvre des programmes de vaccination de routine. En outre, les zones reculées et les terrains difficiles rendent la logistique du transport des vaccins et du matériel nécessaire aux campagnes de vaccination particulièrement complexe.
La rougeole est causée par un virus extrêmement contagieux. Environ 90 % des personnes non immunisées vivant avec une personne infectée contracteront la maladie. Une seule personne malade peut en infecter jusqu’à 18 autres. Le virus se transmet par le nez, la bouche ou la gorge des personnes infectées, via la toux, les éternuements et la respiration. La vaccination reste la meilleure protection contre la rougeole.
Les premiers symptômes apparaissent généralement 10 à 14 jours après l’exposition au virus et comprennent un écoulement nasal, une toux, une conjonctivite, une éruption cutanée et une forte fièvre. Dans jusqu’à 20 % des cas, la rougeole entraîne des complications graves et potentiellement mortelles, telles que des diarrhées sévères, des infections des voies respiratoires (dont la pneumonie), la cécité et l’encéphalite.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre la rougeole. Les soins consistent à soulager les symptômes, comme la fièvre, et à traiter les complications. Les patients sont isolés afin d’éviter toute propagation supplémentaire. La plupart des personnes guérissent en deux à trois semaines, mais dans les contextes à ressources limitées, jusqu’à 15 % des personnes infectées décèdent des suites d’une ou plusieurs complications. Les enfants représentent la majorité des décès, en particulier ceux de moins de cinq ans et ceux dont le système immunitaire est affaibli, par exemple en raison d’une malnutrition sévère.
Pour déclarer officiellement une flambée, une confirmation en laboratoire est nécessaire. Toutefois, dans des environnements surpeuplés ou fermés, tels que les camps de réfugiés et de personnes déplacées, un seul cas confirmé est considéré comme une flambée, en raison de la rapidité et de la facilité de propagation du virus.
Lors des flambées, Médecins Sans Frontières intervient en fournissant des soins médicaux aux patients atteints de rougeole et en mettant en œuvre des campagnes de vaccination à grande échelle afin de limiter la propagation de la maladie.